On appelle Cendrillon

 

Mon spot favori: le super-marché… si on pouvait faire en sorte de téléporter les courses directement dans les placards et le frigo, ce serait tellement le pied… mais les orientations technologiques ne sont hélas pas dirigées vers les soucis de la ménagère de moins de 50 ans. Catégorie hautement représentée, pourtant…
Lors de tribulations alimentaires récentes, absorbé par la fondamentale question « tomates ou champignons et pourquoi pas les deux ? », mon esprit s’est mis à digresser tout seul pour finalement se perdre dans les sphères aux néons de l’espace commercial. Flottement saccadé par les mélopées d’ascenseur et les annonces publicitaires, mais un esprit bien entraîné peut parfaitement s’en abstraire. Il y a cependant une limite à l’abstraction en super-marché, limite matérialisée par les annonces micro. J’ai repris conscience de ma géolocalisation (à savoir entre les tomates et les figues) en entendant distinctement « on demande Cendrillon ».
«  on demande Cendrillon »…. AaaAAAaaAh….. Enfin un peu de poésie dans les tâches ménagères… exultation momentanée, petit boléro interprété à l’angle des caisses de légumes, image d’une fée en carrosse se présentant aux caisses, toute vêtue d’argent et coiffée de plume de phénix. La classe.
Ce bref moment lyrique fut hélas de courte durée, car l’annonce, re-prononcée de manière plus intelligible, donna «  on demande Sam en rayon »  et en lieu et place d’une lumineuse apparition Hollywoodienne se présente un avorton pas rasé aux cheveux gras et au faciès boutonneux, arborant un sweat-shirt « Iron Maiden » et un bandana jaune. Quelle déception.

Il y eu aussi cette vision d’une complète salle de bain posée sur un trottoir aux alentours de la place de la Bastille. Baignoire, toilettes, brosse à toilettes, porte, tout y était, dans une configuration parfaitement utilisable. Avec un petit panneau « ceci n’est pas une salle de bain », on aurait presque pu en tirer de l’argent.

Mais puisqu’il est là question de concepts artistiques, on pourrait peut-être envisager la fabrication en masse d’écriteaux « ceci n’est pas une station service » et les apposer près de toutes les pompes inutiles et vides qui bordent nos routes… Paris sans essence donne une vision apocalyptique d’enchevêtrements de files de voitures à l’arrêt devant les rares pompes encore opérationnelles, embouteillages à des heures incongrues et bagarres entre les énervés de tous poils. Ben et les transports en commun, alors ? …ah oui… ils sont en grève…

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Publié le 22 octobre 2010, dans Extrapolations. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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