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Fin de règne(s)

Lecteur-chéri-ma-transcendance,

Est-ce le solstice d’été, le point-virgule formé par l’avenir ou l’abus de substances déconseillées, va savoir… toujours est-il qu’affleure une ondulance de l’âme sous forme de carrés blancs sur fond de bandes bleues et rouges. La géométrie m’émeut.  La ronde souplesse du cercle, la désespérante fragilité de la ligne, l’infinité du point comme autant de promesses d’égarements.
Ces cubes crème onctueux flottant dans une linéarité sanguine offrent une perspective onirique intéressante. Et j’ai du temps, luxe absolu à l’heure du tout connecté.
Mais encore ? Me diras-tu, à l’affût d’une de ces fulgurances de l’esprit qui réjouissent ton esprit vrillé par le foot.
Ben, en ces temps où les insectes disparaissent et où les oiseaux meurent, où les tortues mangent des sacs en plastique et les enfants des fromages en plastique, un peu de rêve cubique, ça soulage.

Parce que, si on fait fi du cube, reste la pensée, ma caille, que les oiseaux seront sous peu un souvenir et les insectes tous mangés (vu qu’il semblerait que ce soit l’apport protéiné du futur, avoue que ce serait dommage, même si j’admets que l’idée d’un sandwich aux fourmis titille assez moyen mes papilles).
Que nous restera-t-il pour survivre ?  Du beau pour les yeux, et pour l’estomac, à part le cannibalisme, je ne vois pas… Mais ça te dirait d’avaler un morceau de ton voisin de bureau, un doigt de ton contrôleur fiscal ou une oreille grillée de ton concierge tout en regardant le cultissime « Brazil », ode aux années à venir?

Ici, on laisse le temps à l’imagination de créer les images qui vont bien. Je veux dire le sandwich d’oreilles et la salade d’empreintes digitales. Pour Brazil, comme, toi qui me lis, tu es la classe incarnée, tu ne peux que l’avoir déjà vu.

A l’aune de ce choix cornélien : « aimer les volants, mastiquer les rampants » ou « te nourrir de ton prochain », la fragilité des lignes et des courbes prend un sens nouveau. Perso, je préfère prendre la poudre d’escampette sur une ligne de fuite, glisser à l’infini sur une parallèle ou m’enivrer à force de parcours sphériques que de croquer dans un corps mou et blanc.
Quant à un monde sans bestioles, je t’invite à revenir aux fondamentaux (Soleil vert ou Blade Runner, par exemple).

Quand les abeilles s’échangeront à prix d’or sur le Dark Web, quand le ver de terre sera intronisé « animal de compagnie », la vie sera moins sympa. (Au passage, je me demande si les grandes marques vont inventer des tenues de pluie pour ver de compagnie…). La planète surchauffée pleurera tempêtes et typhons, se vengera en détruisant les édifices humains, dérisoires boucliers face à la fureur naturelle. L’homme (et par extension la femme) sera condamné à l’errance sur des terres arides dépourvues de toute substance comestible. M’est avis qu’il ne résistera pas longtemps. Elle non plus.
Seules de fragiles traces de civilisation attesteront du passage de l’homme (et par extension de la femme) sur la planète bleue.
Vu du ciel, ce ne seront que lignes et points. La géométrie comme témoin ultime de notre passage. Et la sphère conclusive de ce post sous influence.

Expo Kupka au Grand-Palais

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