Archives d’Auteur: geckobleu007

Les p’tits bouchons (vont) d’l’avent – semaine 3 –

La première semaine est accessible ici, la seconde

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Les p’tits bouchons (vont) d’l’avent – semaine 2 –

La première semaine est accessible ici

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Interlude climatique

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JOUR 7

Les p’tits bouchons (vont) d’l’avent

Lecteur-chéri-ma-dinde-farcie, on va essayer un truc nouveau, en ces temps incertains ou seul l’écoulement du temps reste une constante sur laquelle on peut compter. On va se créer un calendrier de l’avent-bouchons.

Aucune idée, à ce jour, du devenir du spectacle dont mes amis bouchons sont issus, mais ils manifestent une telle envie d’exister que je ne me sens pas le cœur de leur refuser (et que oui, ça me fait marrer)

Sache que, si ça te dit les guests sont bienvenus, avec une seule contrainte: que ce soit du fait maison avec les moyens du bord. Ambiance « recyclage et récupération », collons au concept originel. Tu te lâches et tu envoies tout ça via l’onglet « contact ».

Let’s goooooooooooooooooooooooooo

JOUR 6

JOUR 5

JOUR 4

JOUR 3

JOUR 2

JOUR 1



L’homme sous la fontaine

Lecteur-chéri-mon-confit, c’est avec plaisir que je t’annonce la sortie de mon dernier roman « L’homme sous la fontaine ». Avec mon sens aigu du timing pourri, je profite de la pire période pour en faire la promo… J’ai donc décidé de laisser deux des personnages en parler…

– J’aime pas trop ça, moi, ça va nous créer du dérangement…
– Mais arrête, au contraire, les gens vont vouloir nous regarder, il vont sûrement nous jeter des bouts de pain! Tiens regarde ceux là… ils foncent droit sur nous!

Stanislas, avide de se gaver de miettes, sort sa grosse tête corail de l’eau et agite ses nageoires juste sous la surface.

– Et tu fais quoi, là?
– J’essaie de me rendre attractif! Pour une fois qu’on s’intéresse à nous…
– Ouaip… je ne sais pas… j’ai bien aimé participer au livre, mais la gloire, ça me fait peur… Tu comprends, je ne veux pas qu’on fasse la une des magazines people..
– Ah? Moi je veux bien… ça se trouve, Laeticia Hallyday acceptera de partager la couv’ avec nous… Elle peut nous trouver mignons, non?
– N’importe quoi! Arrête, tu me fais honte…
– Ben reste dans la boue, moi je veux m’élever dans l’échelle de la culture!

Vexé, Stanislas s’éloigne de Roger en quelques coups de queue et reprend ses mouvements de nageoires, qu’il essaye de rendre gracieux et colorés. Atterré par le comportement de son ami, Roger le regarde un moment faire le guignol puis retourne se cacher dans la boue douce et tiède du fond du bassin en grommelant.

Au bout d’un petit moment, des miettes se mettent à pleuvoir à la surface de l’eau
– Ah! Du gâteau! Ils nous lancent du gâteau!
Joyeux de voir ses efforts récompensés, Stanislas se jette sur les miettes et en englouti une grosse partie
– Viens, arrête de bouder, c’est pas tous les jours la fête!
– On va grossir…
– C’est bien la première fois que ça te préoccupe, qu’est-ce qui t’arrive?
La carpe arrête son goûter et descend vers le fond du bassin pour observer son camarade dont l’attitude guindée et le regard fier l’intriguent.
– Mais enfin, c’est quoi, ton problème?
– Je refuse de galvauder mon art, je vaux mieux que ces miettes… S’ils nous aiment tant que ça, ils peuvent nous le prouver en nous donnant des biscuits entiers.
– Rhahahaha! Tu as pris la grosse tête! allez, arrête, ils vont nous prendre en photo, viens!

Mollement Roger s’extrait de la boue et suit Stanislas, qui s’est précipité dans le crépitement des flashes. Il sort sa tête de l’eau, prenant soin de présenter son meilleur profil (le droit, celui qui s’orne d’une belle tâche bleu turquoise). Il ne l’admettra pas, mais il est heureux de susciter cet engouement. Il prend la pose quelques instants puis retourne sous la surface lisse. De son côté, Stanislas s’en donne à cœur joie, allant jusqu’à sauter hors de l’eau pour plaire à son public. Quand il s’est bien essoufflé, il redescend vers son ami.

– Tu n’as vraiment aucune tenue! Ce qu’il faut, c’est entretenir le mystère…
– Ah, tu crois? la bouche pleine de miettes, Stanislas tente de récupérer de ses cabrioles
– Mais bien sûr! il faut se faire désirer. Tiens, par exemple, je n’accepterai aucune télé.
– T’es fou! J’adorerais aller à la télé!
– Dans un bocal? Tu te vois dans un bocal, avec ces gens qui mettraient à l’épreuve nos dons de télépathie et de vision?
– Et alors? Si on parle de nous…
– Avant qu’ils parlent de nous, il faudrait déjà que les gens nous lisent tu ne crois pas? On va donc leur rappeler que, par exemple, ils peuvent nous trouver sur les site de vente en ligne habituels et aussi qu’ils peuvent nous commander après des librairies qui font le « click & collect »
– Oui, on verra les dédicaces et les interviews plus tard… ‘faut s’adapter…

Les poissons ont raison et donc, on s’adapte…
Ceux qui ont déjà lu le roman, n’hésitez pas à laisser un avis sur les sites de vente en ligne, et à partager, Roger et Stan’ vous remercient 🙂

https://livre.fnac.com/a15181668/Pascale-Brun-L-homme-sous-la-fontaine#omnsearchpos=1

https://www.leslibraires.fr/livre/18011777-l-homme-sous-la-fontaine-roman-surrealiste-le-lys-bleu-editions

Les carpes du bassin n’en sont pas à leur première aventure, ils ont même un espace dédié: Roger&Stanislas

Le jour où j’ai oublié mon code PIN

Lecteur-chéri-mon-obligé-de-21h (pour l’instant) je ne sais pas toi, mais moi il m’arrive de traverser d’étranges périodes où le surnaturel s’allie au pénible de base pour faire ma vie un (mauvais) épisode de Mr Bean. Dans lequel, Mr Bean, c’est moi… Le truc, c’est de ne pas s’énerver et de laisser passer le temps, il y a toujours un moment où le cours de la vie redevient un tant soit peu « normal » (ou au moins plus en accord avec ce que l’on en attend). Mais cette fois-ci, ça dure. Et ça semble ne jamais vouloir s’arrêter. Au point que je me suis mise à craindre de sortir de chez moi, par peur de l’improbable qui allait se mettre en marche à grands pas.

J’ai commencé à réfléchir à ce qui avait pu se passer pour je bascule dans l’univers du n’importe quoi. Après avoir successivement perdu ma connexion internet, l’eau chaude, les clés du local poubelle, la roue arrière de mon vélo et la voix, après avoir cassé quelques verres, une fourchette, ma tasse « licorne » et une dent, après avoir roulé sur mes lunettes, un clou et le pied d’un enfant qui criait (très) fort, j’ai cru que quelqu’un m’avait jeté un sort. J’ai donc fouillé dans ma boîte aux lettres pour en extraire la carte de visite de M. Dan, marabout aux dons « naturels prodigieux », qui travaille à distance. En temps de confinement et de couvre-feu, ça m’a semblé prometteur, mais avant d’appeler Dan, j’ai fait une petite introspection, à la recherche de la source. La source des emmerdes. J’ai donc remonté le temps, grâce aux photos prise sur mon téléphone portable. Remonté le temps jusqu’au jour où…

Au jour où j’ai oublié mon code PIN.

C’était assez saisissant. Pendant les vacances d’été, mon téléphone s’est éteint et rallumé de son propre chef alors que je gambadais non loin du pont du diable (je jure que c’est vrai). Et quand j’ai voulu photographier, avec mon téléphone, ledit pont, ben il fallait au préalable saisir mon code PIN, qui par un de ces miracles qui surviennent souvent en périodes de vacances, avait totalement, inexorablement et définitivement disparu de ma mémoire.

Pas de code PIN, pas de téléphone. Pas de téléphone… alors d’un côté, un sentiment de grande liberté, d’un autre côté, l’impression d’avoir été insidieusement piégée par des années d’assistanat.

Alors, oui, j’ai fini par retrouver mon code PIN, mais rien n’a plus jamais été pareil « qu’avant ». Ma vie avait basculé dans un autre espace-temps.

Un espace-temps dans lequel mon propre logement, que pourtant je chéris, est devenu l’ennemi. Un ennemi super-organisé, qui recèle une foultitude de pièges potentiels, d’adversaires surentraînés, de failles vers des univers pour lesquels je n’ai aucune appétence. Portes qui claquent sur des clés (du mauvais côté), ascenseur qui couine et se bloque (entre deux étages), lumières de la cave qui s’éteignent alors que je suis en équilibre précaire sur une pile de magasines d’art dont je n’arrive pas à me débarrasser. Vision apocalyptique de mort-aux-rats à tous les coins de couloirs, comme un shining de la dératisation dans mon sous-sol, révélant que l’agresseur potentiel, ce rongeur au regard chafouin et au poil non entretenu par des shampooings adoucissants peut se jeter sur moi à tout instant.

Et aujourd’hui, le climax de ce changement de paradigme, disruption dans un monde décadent en pleine crise de démence, c’est l’annonce d’une période de (au moins) 4 semaines pendant lesquelles je resterai prisonnière d’un monde parallèle dont le code PIN retrouvé ne m’a pas sortie. Alors j’hésite. Entre piétiner mon téléphone pour contrer le sort, me dissoudre dans les réseaux sociaux, faisant de chacun de mes atomes un booléen potentiel apte à modifier les bits qui régissent le monde ou juste hurler à la mort. Demain étant jour de pleine lune, ça peut être une bonne alternative.

Lecteur-chéri-mon-enfermé, je souhaite de résister à la Grande Tentation de la Plongée dans BFMTV et te laisse là, coi, ivre de rien et libre de tout dans ta tête (oui, comme Diego)

Et surtout… surtout… en ces temps incertains, note ton code PIN sur un morceau de papier…