Archives Mensuelles: décembre 2016

S’adapter pour survivre ou « appelez un informaticien »….

Merci SFR…

Tu le sais, Lecteur-Chéri-Mon-Beau-Sapin, la nature est formidablement bien faite. Elle permet aux espèces d’évoluer pour assurer leur survie, comme ces papillons qui se déguisent en yeux, ces grenouilles si jolies mais dont la peau est un poison mortel (utilisé par les indiens d’Amazonie pour enduire la pointe des flèches dont ils se servent pour décimer le ridicule homme blanc qui détruit leur forêt). Comme le singe dont nous descendons et qui maintenant se coiffe et porte un costume bleu marine.

S’adapter pour survivre, donc.

Le problème, c’est que s’adapter pour survivre demande du temps. Des générations et des générations avant d’arriver à un résultat satisfaisant. Or, par les temps qui courent, tu n’as que quelques mois, voire semaines, voire heures pour t’adapter.
Je ne vais pas ici jouer à Ken Loach et me prétendre « Moi, Daniel Blake ». Mais l’idée est la même. Celle d’un individu normalement constitué, intelligent et tout mais qui se laisse avaler par la technologie, la procédure et une forme perverse d’obéissance.
Prenons nos amis de SFR. Qui, déjà, confondent 2 minutes et 3 fois 27 minutes. Qui vous répètent au moins trois fois votre nom et votre numéro de téléphone, pour s’assurer que vous êtes à jeun à dix heures le matin. SFR manipule votre box à distance (super, on gagne du temps) mais après, quand plus rien chez vous ne peut se connecter à internet, clame haut et fort qu’ils n’ont rien fait. Qu’ils ne peuvent rien faire. Que c’est pas leur faute si vous utilisez encore Internet Explorer comme un vieux truc idiot que vous êtes.

Oui, mademoiselle SFR, malgré les deux téléphones et les kilomètres de réseau qui nous séparent, j’ai lu clairement dans ton cerveau. J’y ai vu l’image que tu te fais de moi. Et je te prie de croire que ce n’était pas une belle image. J’y ai vu la ménagère larmoyante, impuissante devant feu son navigateur, sans tablette pour compenser, sans wifi, le cerveau vide, ne comprenant pas la différence entre un paramètre externe et une ouverture de port. Evidemment, je me suis légèrement emportée, et c’est là que c’est devenu intéressant : tu t’es mise en boucle. Un truc récursif (éh oui, moi aussi, je connais des mots qui fâchent) tout petit et qui anone « j’ai rien fait », incapable de reprendre une conversation normale.
Tu as conclu avec brio par «c’est pas mon problème ». Bel exemple de support clientèle.  Et « c’est pas mon problème » renvoie à mon idée de base : s’adapter pour survivre. Ou, dit moins joliment, « démerde toi ». Esprit de Noël, quand tu nous tiens.

Ah si, je suis injuste, tu avais une solution à me proposer. Elle tenait en 3 petits mots « Appelez un informaticien ».

J’avoue, j’ai eu la vision de moi, désespérée, ouvrant la fenêtre pour lancer un guttural « Infooormaaaaticien, au secours ». ça m’a fait rire (intérieurement), mais de façon très égoïste, je n’ai pas partagé mon allégresse. On pourrait aussi passer des signaux lumineux comme pour appeler Batman, au risque de saturer nos cieux pollué.
Sans doute que dans ton monde de QCM et procédures, « L’Informaticien » est un être de lumière, tout puissant et omniprésent, qui par apposition de son index magique et doré résout tous les problèmes, mais laisse-moi te dire que, dans mon monde de pauvre ménagère affolée par la technologie, l’informaticien n’est pas un être de joie. C’est un type au langage bizarre, injoignable comme toi, et qui me prend des sous avant même que je lui ai ouvert la porte.
Notre futur verra sans doute des services d’informaticiens remplacer les pompiers, vu que sans internet on sera condamnés à crever, mais on n’y est pas encore. Pas tout à fait. Alors pense à développer un argumentaire, Melle SFR, l’adaptation, c’est pas comme le cochon.

 

batman

Sur ces fortes paroles empreintes de philosophie charcutière,je te laisse avec un gros barbu qui fait des trucs cools. Pas forcément habillé en rouge et blanc.
https://www.ragnbonemanmusic.com/video/human-mahogany/
Vas-y, appuie sur le mulot, ça fait pas mal…

Tchao l’ami

gotlib2

Cher monsieur des impôts,

Cher admirateur des impôts,
je comprends fort bien ton enthousiasme et la joie que tu éprouves chaque fois que tu prends la plume pour m’écrire.
Oui, les liaisons épistolaires sont rares et donc tu occupes une place spéciale dans mon cœur, pour tous les efforts que tu fournis.
Oui, j’aime t’imaginer, seul derrière ton grand bureau vide, à l’image de ta vie, tout frémissant du plaisir de me déclarer ta flamme.
(Au passage, note que si tu pouvais m’envoyer des lettres manuscrites, j’y serais encore plus sensible)
Oui encore, mon cœur palpite chaque fois que je découvre une de tes missives délicatement déposée dans ma boîte à lettres, souffrant de se trouver entourée de prospectus pour des magasins vulgaires qui vendent à vil prix des marchandises pour lesquels ils pressent comme de vieux citrons des industriels en passe de devenir producteurs de chômeurs.
Oui, monsieur des impôts, j’avoue être sensible à ton assiduité, qui me fait me sentir femme et belle et mes cheveux ondulent dans un vent doré, ma peau rosit, mes ongles brillent, mes dents blanchissent et mon ventre devient plat dès que je glisse ma clé dans la serrure de la petite boîte de métal qui va me conduire à toi.
Oui, un homme qui prend le temps d’une lettre, c’est précieux. Ça se chéri.

Mais là, monsieur des impôts, ça fait beaucoup de courrier, et je commence à me sentir moins à l’aise. Comment te faire comprendre ça délicatement ?
Ça confine au harcèlement, ça te va ?
Pourtant, j’avais cru être claire : dans toute relation amoureuse, il finit par y avoir des quotas implicites. Des limites à ne pas dépasser.
Tu dois venir d’un monde ancestral (à coup sûr, tu ne viens pas du futur, vu le style suranné de tes tournures) dans lequel la femme était soumise et effacée. Laisse-moi t’apprendre que les temps changent et que la femme, elle s’agace. Elle s’énerve. Elle se crispe, même. Et « femme crispée présente danger », comme le disait Pandi-Panda.
Je te laisse le bénéfice du doute. L’amour pour mon adorable personne est totalement compréhensible, et peu en réchappent. Mais je te préviens : le prochain courrier, je cours au commissariat porter plainte pour harcèlement. Et tu n’auras plus le droit de m’écrire. Tu devras m’effacer de tes fichiers, de ton téléphone, de ton répertoire d’adresse. Me faire DISPARAITRE de ta vie de maniaque.
Et si tu oses seulement imaginer  reprendre cette correspondance qui devient blessante et ne va pas tarder à être vulgaire (je le sens, tu ne te maîtrises plus), je t’envoie un ami à moi très grand, très costaud, très discret et muni d’une corde à piano. Je précise que ce ne sera pas dans le but de nous réaccorder, si tu vois ce que je veux dire.
Sur ce, monsieur des impôt, je ne te salue pas.

PS : Sache que les gens obstinés comme toi sont de grand malades. Ça se soigne et ce doit même être (encore) remboursé par la sécu. Profites-en.

 impots