Archives Mensuelles: juin 2010

indications

… il y a des jours… ou les signes, clins d’œil, impressions inexpliquées, manifestations diverses d’outre-espace ont une prégnance indéniable.

Comme ce soir de balade solitaire dans les salles obscures, théâtres d’une vie imaginaire et images innées, où au détour d’un escalier à l’étroitesse digne d’un esprit radiophonique public, on se trouve nez à plaque avec l’inscription suivante :

« Toilettes dames sans issues »

L’orthographe est ici rigoureusement retranscrite, il est important de le noter.

Le choc.

Encore, il y aurait écrit   « Toilettes dames »

                                   « Sans issue »

Je dis pas.

Mais là.

Il s’agit donc d’un lieu réservé aux ablutions de dames sans issues. Comment définir une « dame sans issues » ; disons, une dame qui a déjà tout essayé et qui n’arrive plus à rien. Ou alors une dame désespérée. Une dame qui ne se voit pas de porte de sortie.  Une dame d’âme perdue. D’âme en roue libre. D’âme sans espoir.

Rien de très fun.

Et « dame », le terme donne une connotation « très comme il faut » ; une dame est par essence bien mise, un rien désuète, permanentée avec un rien de violet, le rouge à lèvres corail qui brille trop et l’œil surligné de bleu. Solitude de la jupe sous le genou, des collants chair et du jupon en synthétique qui crisse quand on l’ôte. Escarpins 4cm de talon et foulard aux couleurs criardes. Un petit ciné avant de rentrer et on se retrouve face à soi : « dame sans issue »

 

Il faudrait les envoyer sous la Défense, à la rencontre des hommes en orange.

LSD 2010

« LSD » comme les premières initiales de « Le Songe D » « ‘…une nuit d’été »; je ne suis pas inquiète, les aficionados auront compris. Amis Shakespeariens, je vous souhaite le bonsoir…

 Amis acteurs, encore tout fébriles de vos performances du week-end,

Amis spectateurs présents qui en redemandez

Amis spectateurs absents qui bouilliez d’impatience de voir le résultat de 6 mois de travail acharné,

Afin de vous titiller les neurones encore plus si c’est possible, afin de vous donner soif d’assouvir un besoin intarissable de culture, afin de galvaniser votre intellect et de nourrir votre foi théâtrale, voici en exclusivité le teaser LSD 2010…

http://www.youtube.com/watch?v=zMcdJBX8Jxo

Les hommes en orange

« Les hommes en orange: respectez leur vie »

 

Ca tombe bien, le orange est ma couleur favorite. En même temps… je ne suis pas un homme et je ne sais pas si la recommandation vaut pour la gent féminine…
Et quid des hommes vêtus d’autres couleurs? Et des femmes en général…. 
Le plus perturbant est sans conteste que l’on doive écrire ce type de recommandation, aperçue dans le tunnel sous la Défense. Elle s’applique bien évidemment aux ouvriers circulant dans le tunnel à pieds. Encore que… il y a peut être une race spécifique d’aliens qui erre dans cet endroit en quête de lieu de pondaison… ou des évadés de prison qui ont fait d’une enclave sous la  Défense un territoire de repli. Ou des élus du modem qui préparent un coup en prévision des élections. Ou de pauvres hères qui tournent dans ces tunnels depuis des années, toujours incapables de faire la différence entre « Défense 4 », « Défense 6 », « Défense 3 » ; c’est un maniaque qui a créé ce site. Un fou dangereux sans scrupules. Bref.  
Le respect de la vie d’autrui fait donc maintenant partie de la liste des conseils officiels; au même titre que « manger 5 fruits et légumes par jour », « mangez-bougez » et « le tabac tue »… les 10 commandements modernes, quoi… prenons le citoyen par la main et guidons-le sur le chemin alambiqué de la vie en société, ouvrons ses petits yeux rouges de télé sur les vraies réalités, lobotomisons-le, puis rédigeons lui un manuel du bien savoir vivre en monde urbain… 
D’un autre côté, pour avoir vu un jour à proximité de chez moi la tête d’un malheureux dépassant d’une bouche d’égout, au beau milieu de la chaussée contournant un rond-point, tête à peine signalée par 3 triangles sales et un casque de chantier grisâtre… le regard exprimant très clairement une panique intense et le sentiment d’extrême vulnérabilité de l’ouvrier dont le reste du corps devait (logiquement) se trouver sous la bouche d’égout… je peux comprendre que dans une tentative de sauvegarde du monde ouvrier, quelqu’un décide un jour de faire des panneaux. A défaut d’investir dans de vraies barrières. C’est pratique et moins cher : avertir, mais scrupuleusement se garder de faire dans la vraie prévention. On vous aura prévenus. 

 

N’empêche que des hommes qui bossent, il y en a habillés de toutes les couleurs.
Par exemple, les chirurgiens : en bleu. Leur vie doit-elle pour autant être moins respectée ? Les informaticiens : en costume gris brillant. Doivent-ils craindre pour leurs jours en se rendant en salle machines ? (je répondrais bien « oui », mais ce ne serait pas charitable pour cette race déjà si peu aidée par la nature). Les chanteurs des années 70, en vestes à paillettes, sont-ils menacés d’un danger ? et les cuisiniers, les dentistes, les hôtesses de l’air ?

 

Par les temps qui courent ou l’omniprésente Chine menace même les bleus dans leur domaine de (soit disant) compétence, l’importance des panneaux prend toute son ampleur. Mais leur champ d’action ne doit pas se limiter au  territoire de la Défense. « Hommes en bleu : respectez leurs chances» devrait se trouver placardé dans toute la France. Le monde. La galaxie.